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 Traité Militaire sur le Combat à la Pique

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Argael
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MessageSujet: Traité Militaire sur le Combat à la Pique   Lun 28 Avr 2008 - 23:31

Citation :
Traité Militaire sur le Combat à la Pique


Préambule

La pique est une arme d'hast très ancienne, datant de l'Antiquité grecque. Dans sa forme la plus primitive, la pique se constitue d'une longue hampe pouvant atteindre les trois toises de longueur, surmontée d'une pointe, soit taillée à même la hampe, soit constituée d'une tête de fer aiguisée. Cette arme fut à l'origine du succès des phalanges greco-macédoniennes pendant plusieurs siècles, mais tomba en désuétude avec la domination romaine. Ce n'est que depuis un siècle que cette arme connait un regain de succès, grâce à son utilisation par les mercenaires d'Ecosse et d'Helvétie, et qu'on la retrouve d'avantage sur les champs de bataille où elle fait de véritables ravages, pour peu que l'on sache la manipuler correctement.

L'intérêt de la pique, et le domaine où elle se montre le plus redoutable, c'est son usage face à la cavalerie. En effet, une unité armée de piques, dont les membres sont nommés piquiers, est capable de contenir et de briser une charge de cavaliers sans subir, ou peu, de dommages en retour, et cela aussi bien grâce à la longueur de leurs armes qu'à leur tactique de combat leur permettant d'hérisser un véritable mur de pointes sur le quel, hommes et montures viennent s'embrocher.

L'efficacité de cette arme "nouvelle", méritait la rédaction d'un manuel militaire, afin que nos soldats bénéficient d'un enseignement correct au maniement et à l'utilisation de la pique au combat, aux vues de l'importance que cette arme pourrait prendre dans les années à venir. Ce manuel général regroupe trois chapitres: l'usage individuel, ou comment utiliser une pique; les manoeuvres d'unité, ou comment diriger et organiser une unité de piquiers; et les manoeuvres de compagnie, ou comment ordonner plusieurs unités de piquiers. A chaque position correspond un ordre indiquant au soldat l'attitude à adopter.

Maistre Armurier, Kernos Rouvray.


Du Combat à la Pique

Du maniement individuel de la pique :

Au delà de toute considération stratégique, il faut commencer par la base. La base, c'est l'individu, le piquier, car avant d'envoyer des hommes sur le champ de bataille et de les organiser afin de remporter la victoire, il faut s'assurer de leur efficacité et de leur capacité à manier leur arme. Voici justement le but de ce chapitre, apprendre au soldat à utiliser sa pique, avant de l'intégrer dans une unité où il devra manier son arme en prenant en compte les soldats qui l'entourent et les ordres qu'il reçoit.

Les mouvements de base :
Les mouvements de base correspondent aux positions "neutres" ou intermédiaires du piquiers, ils permettent aux soldats de se préparer à effectuer un mouvement, on bien à adopter une position d'attente sans désorganiser ou nuire à la cohérence de l'unité.
- « Pique à terre » est une position d’attente ou de repos, elle se prend ainsi : le corps droit, les pieds côte à côte et le talon de la pique en terre sur
le côté.
- « Haut la pique » est un mouvement intermédiaire, permettant d'exécuter les manœuvres : le corps est droit, les pieds côte à côte, la pique tenue droite contre l’épaule et le talon de l'arme positionné dans le creux de la main droite.
- « Avancez la pique » est un mouvement intermédiaire pour la préparation au combat : le corps est droit, la jambe gauche en avant, la pique
inclinée vers l’avant, le talon dans le creux de la main droite et la main gauche placée en soutien sur l'avant.

Les mouvements de déplacement :
Les mouvements de déplacement sont utilisés quand les soldats sont en ordre de marche.
- « Pique de biais » est utilisé pour les déplacements sur courte distance : le corps est droit en marchant, la pique inclinée vers l’arrière, posée sur
l’épaule, et le talon dépassant sur l’avant.
- « Pique traînante » sert aux déplacements sur longue distance : le corps est droit en marchant, la main, droite ou gauche, tenant la pique est placée derrière le fer. Le talon est laissé traînant sur le sol en arrière.

Les mouvements de combat :
Les mouvements de combat correspondent aux diverses positions et manières de tenir la pique lors d'une confrontation.
- « Pointez la pique » est une position servant aussi bien à l'assaut qu'en défense: le corps est droit, la jambe gauche placée en avant, la pique tenue au niveau de la hanche, le talon dans la main droite, la main gauche placée en avant et en soutien par le dessous de la hampe.
- « Chargez la pique » est d'avantage une position d'assaut, bien qu'elle peut être utilisée en défense, mais dans une moindre mesure : le corps est droit, la jambe gauche sur avant, la pique est tenue à la hauteur des épaules, le talon est placée dans la main droite sur l'arrière, la main gauche est positionnée en avant, le coude plié en soutien.
- « Contre la cavalerie, réception de charge » est une position de défense contre la cavalerie: le corps est arc-bouté vers l’avant, le pied gauche plié sur l'avant, le pied droit tendu sur l'arrière, le talon de la pique est fichée dans le sol derrière le pied droit et les mains servent à soutenir l’arme pour contenir l'impact et diriger la pointe.

Des manœuvres en dizaines :

La pique révèle son efficacité quand elle est utilisée en groupe. Une fois les principes de base assimilés par les soldats, il est temps de les organiser en unité afin d'utiliser les possibilités stratégiques et meurtrières de cette arme. Tel est le but de ce chapitre, l'apprentissage des diverses manoeuvres réalisables par une bande de piquiers, nommée ici "dizaine". Une dizaine est composée de 10 piquiers et d’un dizainier qui assume le commandement de l’unité. Ces mouvements s’effectuent dans la position « Haut la pique », expliquée précédemment.

Mouvement de rassemblement/dispersion :
Les manoeuvres de rassemblement et de dispersion sont utilisées pour organiser la troupe avant un mouvement, ou bien pour effectuer une retraite.
- « Rassemblement en la manière d’une colonne par (nombre désiré) » correspond au rassemblement des soldats en colonnes, c'est-à-dire en formation en profondeur où les soldats sont en rang serré, les uns derrière les autres, et présente un front étroit généralement de deux hommes côte à côte. Cette formation est utilisée pour préparer les déplacements ou une manoeuvre.
- « Dispersez-vous » correspond à une dispersion des hommes sans idée de manœuvre, notamment pour une retraite rapide.

Mouvement de pied ferme :
Les mouvements de pied ferme servent à diriger l'unité, aux changement de direction lors d'un déplacement en formation par exemple, et se pratique à l'arrêt.
- « Par la dextre/senestre, conversion » correspond au déplacement d'un quart de tour à droite ou gauche de la formation.
- « Par la dextre, demi-tour » correspond à un demi-tour par la droite.

Mouvement de déplacement :
Les manoeuvres de déplacement servent à organiser la marche d'une unité, tout en conservant sa formation.
- « En avant marche » correspond au départ de la dizaine: le pied gauche est lancé en avant en premier, tout en suivant le dizainier ou la direction qu’il indique.
- « Votre attention, halte » correspond à l'arrêt de la dizaine: à "halte" les soldats doivent faire encore un pas en avant et ramener le pied arrière contre le pied avant.
- « Sur la dextre/senestre, marche » correspond à un changement de direction à droite/gauche de l'unité: se réalise en suivant le dizainier et en obliquant au point précis où il a lui-même changé de direction.

Des manœuvres en compagnie

Une compagnie est composée de plusieurs dizaines et de leurs dizainiers respectifs, placés sous le commandement d’un capitaine qui dirige aussi les éléments rattachés comme les musiciens ou une dizaine d’hommes de traits. Les dizainiers reprennent les ordres du capitaine pour que toute la compagnie les entendent et s’assurent que les piquiers tiennent leur position et l’alignement des rangs. Les manoeuvres de compagnie correspondent aux mouvements d'une armée complète, comme un duché ou un royaume peuvent aligner en temps de guerre, et il est bon, pour celui qui se trouve à la tête de pareille force, de savoir comment organiser et mener ces hommes afin d'apporter la victoire à son camp. Tel est le but de ce chapitre qui détaille les mouvements des compagnies auxquels ont peu ajouter les manoeuvres des dizainiers.

- « Roue à dextre/senestre, marche » est un changement de direction de l’ensemble de l’unité dont le pivot est le piquier se trouvant à l’avant, du côté vers lequel l’unité tourne. Il doit rester fixe et pivoter doucement, alors que les hommes à l’autre extrémité doivent allonger le pas pour accélérer. Il est plus aisé à réaliser ce changement en conservant l’alignement quand les soldats sont épaules à épaules avec le voisin situé du côté vers lesquels ils tournent.
- « Formez le hérisson » correspond à la mise en cercle de la compagnie. Les piquiers au bord du carré de formation, c'est-à-dire ceux composant les flancs et la dernière rangée, se tournent vers l’extérieur. Les soldats du centre avancent d’environ quatre pas, les piquiers autour se forment en cercle. L’ensemble des piquiers formant le milieu comble les trous. C'est une formation défensive qui a fait ses preuves face aux charges de cavalerie et de fantassins.
- « Dizainiers, à moi » est l'ordre de rassemblement des dizainiers autour du capitaine pour prise d’ordres, reprise de commandement par des dizaines, etc…
- « Serrez les rangs » correspond au resserrement des rangs lors de la formation du carré, avant le combat, etc…

Citation :
Appendices

De l'organisation d'une compagnie de piquiers.

Le soucis principal du Capitaine de Compagnie, à la tête de plusieurs unités de piquiers, est de savoir comment organiser ses troupes et maintenir leur cohérence lors des déplacements ou des attaques car, au delà des considérations disciplinaires, la gestion de l'espace et du placement est tout aussi capital pour le chef de guerre désirant remporter la victoire.

Prenons l'exemple d'une compagnie de taille moyenne, c'est-à-dire une force de quatre dizaines avec musiciens, étendard, voir quelques hommes de traits. Le Capitaine devra, pour la bonne marche de son organisation, numéroter chaque dizaine en fonction de ses besoins et de la manière suivante: la haute dizaine ou première dizaine , qui accueillera l'étendard de la compagnie; la seconde dizaine; la tierce dizaine et la quatrième dizaine. Cette numérotation est nécessaire pour parvenir à un bon agencement des unités et des hommes, tout en restant simple à mettre en oeuvre.

Pour une compagnie en ordre de marche, les hommes seront disposés ainsi:
- Capitaine et musiciens ouvriront la marche.
- Les dizaines, en formation de rang par deux, deux hommes de front sur cinq en profondeur, et espacées de plusieurs mètres entre elles, les suivront dans l'ordre de leur numéro: haute dizaine, seconde dizaine, tierce dizaine et quatrième dizaine. Au troisième rang de la haute dizaine, l'homme à droite dans le sens de la marche portera l'étendard.
- Les dizainiers, à l'exception du quatrième, marcheront soit devant leurs hommes, soit, dans certains cas, sur le côté, leur rôle étant de veiller au bon maintien des rangs et de la formation.
- Le dizainier de la quatrième dizaine marchera derrière sa dizaine, fermant la marche de la Compagnie entière.

Pour une compagnie en ordre de bataille, qui se prend à partir de l'ordre de marche, les hommes seront disposés ainsi:
- le Capitaine se placera face à ses hommes, sur le devant là où le carré sera formé.
- la haute dizaine se placera face au Capitaine, la seconde dizaine viendra à sa droite et à la même hauteur, la tierce dizaine prendra place à la gauche de la haute dizaine, et enfin, la quatrième se placera à droite de la seconde dizaine, complétant ainsi le carré composé d'un front de huit piquiers et cinq de profondeur.
- les dizainiers se positionneront à chaque côté du carré de cette manière: le haut dizainier devant, le second dizainier en arrière, le tierce dizainier sur le flanc gauche et le quatrième dizainier sur le flanc droit.
- les musiciens se placeront à l'arrière, à l'abri des combats, avec le second dizainier.

Note:Lors de l'assaut, le haut dizainier rentre dans les rangs avec ses hommes, tout comme le Capitaine qui peut se placer aussi bien sur la ligne de front que sur l'un des flancs.

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