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 Marchands

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Sablelon

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MessageSujet: Marchands   Ven 7 Aoû 2009 - 9:01

MARCHANDS


Le marchand représentaient-ils un type singulier dans la société médiévale comme le chevalier, le moine ou le paysan, avec un statut et une fonction spécifique comme pour ces-derniers ? La problématique est non seulement économique, mais aussi politique et symbolique. De plus, le nombre des marchands est souvent exagéré, minorité aux XIVe et XVe siècles dans les villes, certes plus influentes que leur poids démographique.
Les marchands ont existé en Occident à toutes les époques, mais surtout à la fin du Moyen Âge. Dès le XIe siècle et particulièrement le XIIe, la démographie s'accroit plus fortement et des constructions politiques mieux structurées se forment. Partout sont ébranlées la production, la consommation et la circulation des denrées et des monnaies, surtout dans et entre des villes dont l'accroissement et la multiplication accompagnent ce mouvement et s'en nourrissent. De plus en plus de marchands se spécialisent encore plus dans le transport, la vente et l'achat de produits de luxe et de nécessités. Ils interviennent sur des marchés de mieux en mieux réglés et payent avec des instruments financiers plus diversifiés et plus élaborés.

Les archives de la marchandise

Les archives et les papiers des marchands eux-mêmes les constituent, tout d'abord. Ce sont des livres de comptes très variés selon le niveau de marchandise : comptes de clients à Nuremberg ou Ratisbonne, comptabilité assez simple des Hanséates de Lübeck aux XIVe et XVe siècles, comptabilité à partie double des Italiens, dite à la vénitienne quoiqu'elle apparaisse à Florence dans la société Fini dès 1297-1303, naissance du compte collectif à gains et pertes peu avant la fin du XIIIe siècle. Existent aussi de nombreuses lettres de crédit et de prêt*, des lettres de change**, de testaments***, des contrats d'assurance ou d'association****. Les correspondances*****, les chroniques ou journaux****** et les manuels constituent également des sources précieuses d'information sur les marchands.

Grâce à ces documents, les historiens connaissent mieux depuis longtemps les pratiques commerciales, les monnaies et les produits échangés, les profits et les innovations, bref de caractériser les affaires du marchand médiéval. Cela a aussi permis une description de l'environnement et du quotidien des marchands : habitat, voyages, fondations pieuses, mécénat artistique. Ces documents ont été produits et conservés comme archives par les marchands par esprit de calcul et de système, comme par celui de transmettre un savoir et un savoir-faire considérés de plus en plus comme les éléments d'un capital et d'une ascension qui forment, pour moult d'entre eux, les maîtres mots de leur activité. L'écrit se diffuse de plus en plus dans les milieux d'affaires issus de l'essor des XIIe et XIIIe siècles, témoin d'une intégration plus grande de l'économie non seulement dans la vie politique mais aussi dans la sphère du savoir à la fin du Moyen Âge, même si l'oral conserve toute son importance dans la conclusion des affaires. Les gestes, les paroles et les symboles de l'engagement, de la confiance, du crédit et du serment constitutifs des affaires invitent ainsi à ne pas exclure le marchand de cette société de l'honneur que fut l'Occident médiéval. Ces lectures renouvelées des sources internes conduisent à replonger le marchand dans l'ensemble complexe de la société et, sans nier sa spécificité, à relativiser son caractère exceptionnel dans la société médiévale.

* Chez les "Lombards" de Paris et les petits prêteurs nommés "Cahorsins".
** Qui couvrent simultanément un acte commercial, un transfert de fonds, un crédit ou un bénéfice à intérêt.
*** Jehan Boinebroke de Douai en 1285-1286.
**** Commenda génoise, collegantia vénitienne et Sendeve des Hanséates, tous conclus pour une opération ou pour plus longtemps.
***** 125 000 lettres de Francesco Datini de Prato, mort en 1410, les 544 lettres échangées par les frères Sievert et Hildebrand Veckinchusen de Lübeck au début du XVe siècle.
****** Ricordanze florentines ou les autobiographies marchandes du sud de l'Allemagne.
******* La Pratica della Mercatura du florentin Francesco di Balduccio Pegolotti écrite v. 1340.

LE GOFF (J.) & SCHMITT (J.C.), Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval, 1999, p. 625-627.
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