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 Le diable

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Sablelon

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MessageSujet: Le diable   Sam 17 Juil 2010 - 14:45

DIABLE


Dans l'univers de l'Occident médiéval, le diable a une des places les plus importantes. Le diable, et en particulier Satan, semble être partout, dans tous les aspects de la vie et les représentations mentales où sa puissance se ressent. Le diable a été créé en grande partie par le christianisme, notamment Satan, entité à l'autonomie partielle et cause de tout les maux. Il est quasiment absent de l'Ancien Testament, excepté d'écrits tardifs tels que le Livre de la Sagesse. Durant l'Antiquité chrétienne, nous voyons d'une part le Nouveau Testament mettre en valeur la lutte entre les forces du ciel et le diable, d'autre part les écrits apocryphes juifs, et un judaïsme populaire, accorder de plus en plus de place aux démons. Le christianisme va, lui, placer Satan comme fédérateur de ces démons. Satan pourrait tirer son origine aussi de la figure ambivalente du Yahvé de l'Ancien Testament, à la fois dieu de colère et de châtiment et dieu bienfaisant.
L'Antiquité chrétienne va accorder de plus en plus d'importance au diable, comme en témoignent divers écrits tels que la Vie de saint Antoine ou ceux de saint Augustin. Toutefois, le diable va être étonnamment absent de l'iconographie chrétienne jusqu'au IXe s. L'iconographie médiévale va, dès l'an 1000, développer son image de monstre, d'animal, de puissance hostile.
La doctrine chrétienne médiévale n'aura de cesse de vouloir se distinguer des religions dualistes (celle de Mani puis du catharisme), par des rappels incessants que Dieu est source et maître de toutes choses, alors que le diable est une création de Dieu, un ange déchu, soumis à Dieu, malgré la tendance à se représenter une lutte entre Dieu et Satan. Malgré aussi le fait que les "strates les plus profondes" de la société aient pu développer un aspect vécu de manière très sensible qui donne beaucoup d'autonomie au diable. A cet égard, le canon Episcopi (IXe s.) réaffirme bien la doctrine d'un dieu unique, sans autre puissances divines rivales, pour réfuter les croyances au vol nocturne des sorcières, pures illusions et détournement de la foi, alors qu'au XVe s. les clercs finiront par accepter la réalité du vol nocturne.
Le diable doit certainement être considéré comme partie intégrante d'un système religieux global, dans ses relations avec celui-ci, mais aussi en rapport avec les fonds de la conscience humaine, ses angoisses à propos du diable, ainsi qu'en rapport avec les réalités sociales et politiques des différentes époques médiévales.

Dresser une carte d'identité du diable, noms, date de naissance, signes particuliers, semble un vrai casse-tête, tant ses identités sont multiples et diverses, sous ses formes variées, insaisissable.
En ce qui concerne les noms, d'un point de vue général, sans entrer dans les détails, le Nouveau Testament et le Moyen Âge utilisent deux noms particuliers pour désigner le ou les diables : diabolus et daemon. Diabolus signifie en latin "qui sépare" et daemon désigne les esprits, bons ou mauvais, intermédiaires entre les hommes et les dieux. Outre ces deux appellations générales, une diversité d'expressions se livre à nous. Ces expressions désignant le diable font référence à sa/leur nature d'être(s) spirituel(s) et angélique(s) ou à leurs interventions. L'hébreux ha-sâtân est le nom donné à un ange chargé d'"éprouver les justes", dans le livre de Job. Des livres apocryphes juifs vont utiliser ce nom pour désigner le chef des démons (Jubilé) et le Moyen Âge va souvent reprendre ce sens donné à "Satan" ou même l'étendre à n'importe quel démon commun (sathanas). A la base, Lucifer est l'ange le plus lumineux avant sa chute, mais il garde son nom en enfer. Le Moyen Âge verra souvent Lucifer, prince enchaîné au fond des enfers, distingué de Satan, son plus puissant serviteur. Une myriade de noms (Belzébuth, Baal, Asmodée, etc.) contribue à l'idée d'un enfer très varié ou à donner des intermédiaires entre Lucifer et les démons.
Pour ce qui est de la naissance, la Chute des anges constitue un acte fondateur, celui de l'entrée du mal dans l'Univers. Dans le nouveau Testamen, le second épitre de Pierre (II, 4) et celui de Jude (VI) font de brèves allusions à cette chute des anges. Le livre d'Hénoch (IIe s. av. J.-C.), apocryphe longtemps retenu comme écrit canonique, présente la théorie que la Chute serait due à l'union charnelle qu'eurent les anges avec les femmes de la beauté desquelles ils furent séduits. Cette théorie va être supplantée au IVe s. apr. J.-C. par celle de l'orgueil de Lucifer voulant égaler Dieu. En outre, la Chute va même être assimilée par certains penseurs à la séparation de la lumière et des ténèbres lors de la Création (saint Augustin).
La question du sexe est très intéressante également, car elle fait un peu référence aux débats sur le genre des anges. Dans leur essence-même, les diables n'ont pas de sexe (ni mâle ni femelle). Mais en fait, dans les considérations moins philosophiques, les croyances, l'iconographie, les diables ne sont jamais des femmes, et les clercs de préciser qu'ils ne pratiquent pas l'homosexualité. Les croyances du peuple confèrent aux diables une intense activité sexuelle, qui peuvent même avoir des rejetons auprès de femmes (les changelins). Les théologiens s'arrangent pour nuancer cette croyance en expliquant que les diables ne font que transférer la semence d'humain, et non pas celle de démon, d'eux-mêmes.
Le ou les diable(s) conservent la haute intelligence des anges, ils ont développé une science propre à eux, qui leur donne un certain pouvoir sur le monde et les hommes. Et lorsque certaines conditions sont réunies, ils peuvent agir sur les corps, les transférer, les déplacer, connaître les pensées, agir sur l'esprit et prédire l'avenir.

Bibl. : BASCHET (J.), Diable, dans LE GOFF (J.) et SCHMITT (J.-C.), Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval, [s.l.], 1999, p. 260-272.
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