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 Recueil de contes, légendes et fables du Lyonnais-Dauphiné

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Kernos



Nombre de messages : 3801
Age : 41
Localisation IG : Die
Date d'inscription : 05/04/2007

MessageSujet: Recueil de contes, légendes et fables du Lyonnais-Dauphiné   Lun 14 Fév 2011 - 20:20

Citation :
Aux lecteurs, petits, grands, pauvres ou riches, cultivés ou en jachères,

Le Comité des fêtes ducales a, à plusieurs reprises, incité les Lyonnais-Dauphinois à prendre leur plume et faire travailler leur imagination à travers plusieurs concours de fables, de légendes ou de contes. Afin de rendre hommage aux efforts du Comité mais surtout à nos auteurs locaux et à la culture du Lyonnais-Dauphiné, j'ai décidé de recueillir en le présent volume, les diverses oeuvres créées lors de ces festivités.

Bonne découverte et bonne lecture à tous.

Kernos Rouvray,
Intendant des Collections ducales,
Faict le 6e jour de février de l'an MCCCCLIX.



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http://domaine-rouvray.forumperso.com/
Kernos



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MessageSujet: Re: Recueil de contes, légendes et fables du Lyonnais-Dauphiné   Lun 14 Fév 2011 - 20:20

Citation :
Contes et légendes d'hiver, oeuvres du concours de décembre 1457

Introduction.


Les résultats du concours furent les suivants:

Citation :
Voici les résultats finaux :
1 -Pénelope de France [le moulin à paroles] 30% [ 10 voix]
2 -Kernos [La légende de Grimone] 24% [ 8 voix]
3- Lora [les amoureux du chateau de Briançon] 12% [ 4 voix ]
4- Frere Estienne 9% [ 3 voix ]
5 exquo- Anne de Culan 6% [ 2 voix ]
5 exquo- Iram 6% [ 2 voix]
5 exquo- Myao 6% [ 2 voix ]
5 exquo- Phelia Valbony [l'arbre à voeux] 6% [ 2 voix ]


Le moulin à paroles
par Pénélope de Montbazon-Navailles, Baronne de la Garde Adhémar & Dame de Mirmande.

Citation :
Il était une fois, au moins un demi siècle en arrière, un village reculé de la vallée où toutes les femmes étaient muettes. grands-mères, mères ou filles, nulle n'ouvrait la bouche ou ne prenait la parole pour exprimer quoi que ce sot. Durant la journée, lorsque les hommes étaient aux champs, le village était curieusement emprisonné dans une chape de silence, au point que pendant très longtemps il était resté ignoré du reste du Duché.

Tout avait commencé lorsque le moulin de la rivière s'était brusquement arrêté de marcher.
Le mécanisme s'était-il grippé, ou l'eau de la résurgence, après une grande période de sécheresse, n'apportait plus le débit nécessaire pour actionner les meules, mais le moulin, un beau matin avait cessé de broyer le grain. Plus de moulin, plus de farine, et par là, plus de pain. Le village ainsi privé dépérissait.

Le meunier se désespérait .et se plaint à sa femme. Cette dernière, lancée dans une grande conversation avec la voisine sur une jupe qui devait être à plis ou froncée, entendit à peine ses doléances, mais l'envoya néanmoins prendre conseil auprès de Bertille la bien nommée.

Bertille, outre le fait qu'elle était notoirement connue pour un débit de paroles, souvent acerbes, que seul, la prise de respiration nécessaire à toute vie avait le pouvoir d'interrompre momentanément, avait, vu son grand âge, de sérieuses connaissances sur les phénomènes naturels.

Quand le meunier, arriva chez la vieille femme, elle et sa pie Margot, se chamaillaient au sujet de la disparition d'une cuillère. Car, vivant à l'écart du hameau, et n'aimant pas converser toute seule, elle avait appris le langage à sa pie , qui du reste, était vite devenue une interlocutrice au débit de paroles aussi impressionnant que le sien.

L'homme toussa plusieurs fois pour faire remarquer sa présence, sans que cela mît fin à l'altercation et expliqua les raisons de sa venue.

Faut te plaindre à la montagne, c'est elle qui lui donne l'eau !

Le meunier, qui depuis toujours avait l'habitude d'obéir à sa femme sans trop se poser de questions, entreprit sur le champ ce que lui avait recommandé de faire la guérisseuse.
La draille fortement pentue l'emmena en deux jours à l'endroit indiqué. Là, il eut beau suivre la ligne de partage des eaux sur un bon kilomètre, l'explication du phénomène ne lui vint pas ; alors, découragé, il se résolut à interroger la montagne :

*Pardon madame la montagne…..


- Qui ose me réveiller pendant ma sieste ? dit une énorme voix qui avait l'air de venir de partout et de nulle part à la fois.

*C'est Bertille la guérisseuse, elle demande, si par hasard, à la fonte des neiges, vous n'auriez pas un peu oublié de verser de l'eau dans les rivières du versant sud !

-Tu devrais demander à ton moulin s'il a bien disposé de toute l'eau qu'il lui fallait pour actionner ses meules.

*Mais alors pourquoi ne marche-t-il pas ?

- Je ne sais pas..............le lui as-tu seulement demandé à lui ?

*Non, je n'y ai pas pensé.

- Eh bien tu sais ce qu'il te reste à faire
dit la montagne en reprenant sa sieste.

Redescendu dans la vallée, il ne fallut pas moins d'une heure de câlineries verbales pour que le moulin avoue enfin les raisons qui l'avaient poussé à s'arrêter.
Il s'était aperçu avec horreur, que les femmes du village étaient de véritables moulins à paroles au débit beaucoup plus performant que le sien, depuis il demeurait prostré, n'ayant plus aucun goût pour le travail.

Le meunier repartit donc interroger la guérisseuse

*Ce n'est pas la faute de la montagne; c'est mon moulin qui ne veut plus marcher .

- Ton moulin, et pour quelle raison mon Dieu ?

* Il dit comme ça que les femmes d'ici parlent beaucoup plus vite qu'il ne moud.

- Mais il n'est pas un peu malade ton moulin ?

*Si, et tellement qu'il préfère mourir !


Touchée par la détresse du pauvre homme, la vieille femme, pour une fois, ne sut que dire.
Son silence, aussi curieux que cela puisse paraître, se répercuta sur toutes les femmes du village et durait encore aujourd'hui.

La légende de Grimone
Par Kernos Rouvray, Baron de Mévouillon & Sire de Glandage.

Citation :
Autrefois, aux temps des royaumes de Bourgogne et de Provence, alors que les Dauphins n’étaient pas encore maistres de la région et que les Isoard n’étaient point encore comtes de Die, vivait un seigneur sur les terres qui deviendraient plus tard la seigneurie de Glandage.

Ce seigneur, fort avancé en âge, avait deux fils. A l’aîné, étaient destinés les biens et droits de son père sur les terres s’étendant des gorges du Gâts aux pentes du Jocou. Au cadet, le seul héritage serait une armure et un destrier, afin qu’il aille par delà les routes, courir l’aventure et acquérir sa fortune au moyen de son épée et de sa lance.

Le vieux seigneur avait également une jeune pupille d’une grande beauté, à la chevelure d’or et à la peau aussi blanche et délicate que les neiges éternelles du Jocou, dont il avait décidé de donner la main à son aîné, afin que son lignage soit perpétué. Elle s’appelait Grimone, et sa beauté, et sa douceur, étaient réputées à travers toute la vallée de Glandage.

Or, le fils cadet était épris depuis sa plus tendre enfance de la belle Grimone mais, se sachant destiné à une vie d’aventure, et par égard envers la volonté de son père et par amour de son frère, il s’était toujours bien gardé d’avouer ses sentiments à la belle, se contentant de l’aimer en secret.

En ce temps là, le vieux seigneur de Glandage entretenait un conflit régulier et ancien avec l’un de ses voisins, châtelain du Trièves, pour les droits et terres s’étendant entre le col de Croix-Haute et la ville de Lus. En cette période trouble de l’histoire du royaume de France, ce genre de conflit était monnaie courante. En l’absence de prince suffisamment puissant et influant pour se faire obéir, les petits seigneurs châtelains entretenaient de fortes rivalités entre eux pour étendre leurs domaines et leurs pouvoirs au détriment de leurs voisins. Ces querelles constantes, en l’absence de haute justice, se réglaient alors par les armes, jusqu’à ce que l’un des belligérants se trouve trop affaibli pour continuer à mener bataille ou bien que sa mesnie soit décimée.

Conscient que la guerre était imminente, le vieux seigneur convoqua ses fidèles et ses alliés en son castel, afin de lever le ban pour affronter son rival. Devant sa cour, le vieux sire annonça sa décision sur l’affrontement qu’il s’apprêtait à livrer. Trop vieux pour mener bataille à nouveau, il confia le commandement de son ost à son fils aîné, et décida que son cadet se joindrait à l’armée car il était temps pour lui de prendre sa destinée en main, en accomplissant ses premiers faits d’armes contre le châtelain du Trièves. L’hiver allait bientôt tomber, fermant ainsi la route des cols, il fallait donc se hâter de prendre la route pour livrer bataille dès les premières neiges afin que le châtelain du Trièves et son armée, qui campaient aux alentours de Lus, ne puissent compter sur des renforts. Quand le conseil s’acheva, à la nuit tombée, et que chacun regagnait ses quartiers pour se préparer au départ, le cadet se prit à réfléchir.

Bientôt, il allait devoir quitter les terres de sa famille et ne pourrait sans doute jamais revoir celle qui était si chère à son cœur. Cette peur l’emporta sur sa crainte de désobéir à la volonté de son père et celle de faire honte à son lignage, et gonfla son cœur de courage pour enfin avouer à Grimone tout l’amour qu’il ressentait. Secrètement, il lui donna rendez-vous dans les bois voisins du castel de Glandage. Quand minuit approcha, alors qu’il attendait, en proie à une grande agitation, sous un vieux chêne, le douce Grimone, accompagnée de sa suivante, arriva enfin. Il lui confessa alors ses sentiments, ainsi que ses craintes. La jeune femme lui sourit, les yeux baignés de larmes, et prit sa main dans la sienne, lui avouant que son amour était partagé de longue date. Les deux amants convinrent alors de s’enfuir loin de Glandage, afin de pouvoir vivre leur amour librement. Ils décidèrent que la nuit où le ban camperait aux marches du domaine paternel la veille de la bataille, Grimone viendrait rejoindre son aimé sur le col gardant la passe, afin de fuir ensemble. Ils se quittèrent alors, après avoir échangé un baiser passionné, et regagnèrent leurs chambres, le cœur empli de joie et l’esprit plein de rêves quand alors vie future. Hélas, la suivante qui avait assistait à l’entretien, craignant pour sa maîtresse, s’empressa d’aller rapporter au vieux seigneur leur entretien.

Fou de colère, le vieux seigneur décida de briser cet amour et de faire avorter le projet des deux amants dans le plus grand secret, afin de ne pas jeter l’opprobre sur son nom. Le lendemain, alors que le ban se mettait en marche vers la passe du Jocou, il fit enfermer Grimone dans sa chambre, pour qu’elle ne puisse rejoindre son fils cadet. Prisonnière de ses appartements, la jeune femme était désespérée. Elle eut beau pleurer, supplier, la porte restait toujours close. Ce n’est qu’à la nuit tombée, alors qu’elle était toujours enfermée dans un profond chagrin, que son salut vint. Elle entendit que l’on tournait la clef dans la serrure de ses appartements. La porte s’ouvrit, et sa suivante entra précipitamment pour se jeter à genou devant sa maîtresse, demandant son pardon pour sa trahison. Grimone était une âme charitable et bonne, elle pardonna donc sa suivante repentante et, avec sa complicité, parvint à fuir le castel, alors que toute la mesnie était endormie.

Monté sur un haquenée, Grimone galopa à travers la vallée, priant pour rejoindre son amant à temps, avant que le jour se lève. Les premiers flocons commençaient à tomber, recouvrant progressivement les champs et les chaumières d’un blanc manteau poudreux, alors que le vent devenait de plus en plus glacial, mais Grimone en avait cure, seul son amour comptait et elle brûlait d’impatience de pouvoir le retrouver. Malheureusement pour elle, les premières lueurs de l’aube commencèrent à poindre dans le ciel, et elle eut beau talonner avec ardeur sa monture, quand elle arriva au lieu du rendez-vous, son amant n’était point là et le ban avait levé le camp.

Le fils cadet avait attendu toute la nuit, malgré le froid et la neige, sa bien-aimée, ce n’est qu’au petit matin, quand le soleil s’était levé sur le camp, qu’il avait rejoint l’ost de son père, le cœur empli de chagrin et l’âme tourmentée. Au complet, le fils aîné à sa tête, le ban prit alors le chemin de Lus pour y affronter les forces du châtelain du Trièves.

Montée sur le col, Grimone ne put qu’assister, impuissante, au départ des guerriers dont les silhouettes commençaient à s’effacer vers l’horizon. Elle tomba à genoux dans la neige et fondit en larme, jurant d’attendre le retour de son aimée ici, comme il l’avait fait.

La guerre fut rude et acharnée. Durant tout l’hiver, les armées de Glandage et du Trièves livrèrent batailles sur batailles, et durant l’une d’elle, le fils cadet trouva la mort. Puis, ce fut le tour de l’aîné, blessé mortellement lors d’un combat. Alors que la fonte des neiges débutait, les hommes de Glandage reprirent la route du castel. Grimone avait attendu tout l’hiver sur le col, malgré le froid et la glace, elle n’avait point bougé, attendant son amant en pleurant à chaude larme. Quand le ban arriva au col, et qu’elle ne vit point son aimé parmi les soldats, elle s’effondra aussitôt, terrassée par le chagrin, la fatigue et le froid.

Quand on lui rapporta la mort de ses deux fils et celle de Grimone, le vieux seigneur y vit une punition divine pour sa cruauté envers les deux amants. Repentant, il décida de donner au col le nom de Grimone, et fit bâtir une chapelle dans le vallon qui s’étendait à ses pieds.

Les gens du pays, raconte qu’au lieu où Grimone se tint tout l’hiver en attendant son amant, un ruisseau prend sa source, né des larmes de la demoiselle, et s'écoule à travers les terres de Glandage. On raconte également qu’en hiver, lorsque le vent souffle depuis le Trièves, on entend à travers la vallon la plainte d’une femme, dont les échos portent jusqu’au castel de Glandage.

Les amoureux du château de Briançon.
par Lora d'Embrun.

Citation :
Dans le Duché du lyonnais Dauphiné, , il existe un très vieux château qui tente difficilement de survivre à l'abandon de l'homme et à l'attaque des grands arbres.
Cette forteresse est aussi porteuse d'une légende nommée :

Les amoureux du château de Briançon

Il était une fois, dans un hameau proche de la puissante citadelle de , une belle et douce fée qui était tombée amoureuse d'un....... humain.
Normalement, une fée aime la compagnie des hommes, même si parfois ils sont bizarre.
Bien sur, il était beau grand, fort, intelligent, serviable, attentionné, à l'écoute des gentes dames , et avec des yeux d'un bleu irréel. Vous comprenez que notre fée ne pouvait que tomber en amour.
Oui,il y a toujours un MAIS dans les histoires d'amour. C'et homme parfait en aimait une autre : La princesse blonde et réelle du village voisin.
Notre belle fée ne savait que faire et, secrètement, se mit à pleurer, à pleurer, à pleurer, à pleurer .
Ses larmes transformèrent doucement notre bonne fée en petite espiègle
Jalouse, elle ourdit une "méchanceté"
Une nuit, pendant que notre amoureux dormait avec le sourire béa de bonheur, avec sa magie de fée, elle s'introduisit dans son rêve, et lui montra un trésor enfoui dans les oubliettes du château. Et un coffre de magnifiques bijoux pour sa belle.
Au petit jour, notre amoureux décida de vérifier si son rêve était prémonitoire. D'un pas rapide, il se rendit dans les pièces souterraines du château. .
Hélas, sa folie lui fit oublier le rendez-vous avec sa belle princesse.... Et le rire démoniaque de notre "fée" se fit entendre..... Elle avait accompli la première partie de sa vengeance de jalousie.... Il lui fallait maintenant concrétiser le 2ème acte.
D'un coup d'aile, la "fée" arriva devant le balcon de la princesse, où ses yeux bleus scrutaient l'horizon dans l'espoir de voir son aimé.
Rien, personne, point de destrier, point de pourpoint, aucun chapeau au panache blanc !
La "fée" jubile, et avec des yeux brillants elle explique à la princesse que son aimant a préféré la chasse aux trésors que la chasse aux baisers. Est ce les yeux lumineux, ou le ton narquois de la fée qui ont fait douter la princesse.... qu'importe, elle décide de se rendre au château à pieds.
Il fait nuit ,et le froid glacial de ce mois de décembre,lui single le visage,mais ne dit-on pas que l'amour donne des ailes.
Pendant ce temps, au château un drame se déroule. Les rires presque Satanique de la fée avaient attiré les sbires de Belzébuth. Voyant un humain sans défense dans les couloirs poussiéreux, ils décidèrent de jouer avec lui.... et.... en le traìnant par un pieds, ils s'amusèrent à lui faire découvrir les entrailles des catacombes la tête en bas.
La princesse ayant marché toute la journée arrive à la nuit tombante. Ses pieds sont ensanglantés par les roches saillantes, la fatigue se lit dans sa démarche, mais elle a le courage de l'appeler.
Proche de la rivière, elle voit presque sans vie le corps de son "amour". La nuit est froide, et pour le réchauffer, elle se couche proche de lui...... Mais la froideur des montagnes a raison de leur force.

Au petit matin les paysans découvrent deux corps inanimés mais entrelacés dans un geste d'amour éternel.

Les soirs d'hiver, à la veillée :
- Les vieux disent que durant l'été, les murs ont une couleur rouge du sang de l'aimant,
- et les vieilles prétendent qu'en hiver, les fantômes des deux amants montrent leurs amours à ceux qui acceptent de braver le froid......

L'histoire de Jean Sans-Nez
par le Frère Etienne.

Citation :
L'histoire de Jean Sans-Nez remonte à bien longtemps. Et avec elle, l'histoire de Lyon la Rugissante.

En fait, Jean Sans-Nez n'était pas vraiment sans nez. S'il avait été affublé de ce sobriquet assez idiot, c'était parce qu'il était souvent enrhumé. Allergies ? Fragilité naturelle ? Nul ne saurait le dire. L'un étant d'ailleurs étroitement lié à l'autre. À moins que ce ne soit l'autre à l'un. Bref...

À cette époque-ci, Lyon, encore connu sous le nom de Lugdunum, hébergeait déjà de vieux amants partageant le même lit. Ils allaient même jusqu'à fusionner sous les yeux de tous les voyeurs lyonnais, en chaque instant. Ces vieux amants, la Saône et le Rhône, étaient l'objet de toutes les attentions de la part de Jean Sans-Nez.

Ne pouvant voguer sur l'un ou sur l'autre, mais tout de même extrêmement attiré par les deux, Jean Sans-Nez, qui était à l'époque le Bourgmestre de Lugdunum, se contentait, bien malgré lui, de les observer. Et ceci depuis des années.

Il était capable de dire lequel des deux cours d'eau allait le plus vite. Lequel était le plus important, Lequel se jetait dans l'autre. Mais également lequel aurait son débit qui grandirait le premier à la fonte des neiges. Et même à une semaine près, quand ce phénomène arriverait. À l'inverse, il pouvait aussi prédire lorsque les deux cours d'eau s'affaibliraient.

Tout cela, et aussi étrange que cela puisse paraître, Jean disait le "sentir". Un comble pour un homme que l'on surnommait justement Jean Sans-Nez.

"Bais zi, buizgue je vous le dis. Dans zude zebaide, l'eau va bonder. Je le zens !*", s'exclamait Jean dans une de ses fréquentes périodes de rhume. Personne n'osait contredire le Bourgmestre sur cette faculté hors du commun.

Au fil des années, les habitants de Lugdunum avaient du se rendre à l'évidence. Jean savait. Et le "comment" restait un mystère.

Le jour qui vit naître la légende de Lyon la Rugissante était une journée hivernale habituelle, avec tous les rhumes qui accompagnaient cette saison et qui étaient toujours fidèles à Jean. Celui-ci parcourait les ruelles de Lugdunum pour rejoindre ses amis favoris, la Saône et le Rhône.

Le temps était plutôt mauvais, et les eaux agitées. Le vent soufflait fort et le débit des amants était important. Jean Sans-Nez avait déjà "sentit" tout ceci. Aussi, il ne fut nullement étonné. Il ne faisait que constater. Sa placidité face à ce spectacle étonnant le laissait d'ailleurs inconscient du danger qu'il pouvait courir. Toute autre personne aurait été sur ses gardes. Lui, non.

Alors qu'il était au bord de la Saône, une brusque rafale de vent le déséquilibra et le fit tomber dans l'eau glacée. Des promeneurs, qui avaient bravé le temps pour aller travailler, avaient vu la scène se dérouler et avaient accouru pour apporter leur aide au pauvre homme qui se noyait.

Malheureusement, Jean Sans-Nez ne pu réchapper aux flots dévastateurs qu'il aimait tant. Alors qu'on interrogeait les témoins du drame qui toucha profondément le village tout entier, ceux-ci expliquèrent que Jean était tombé dans l'eau et qu'il s'était presque fait happer. "Ses cris étaient inaudibles tant les flots grondaient. L'ont eut dit des rugissements !"

Et, depuis ce temps, lorsque les amants se déchaînent dans leurs lits, les habitants, en souvenir de leur bien-aimé Bourgmestre, aiment à dire qu'ils entendent les Rugissements des cours d'eau de leur village. De leur village qui sera renommé, plus tard, Lyon...

*Mais si, puisque je vous le dis. Dans une semaine, l'eau va monter. Je le sens !

Légende de Besse
par Anne Cornedrue de Culan, Baronne d'Aupic & Dame de la Mure.

Citation :
Savez-vous pourquoi il y a si peu de bois, du côté de Besse, que les habitants en sont réduits à brûler, pour le chauffage et la cuisine, des bouses séchées ? Je m'en vais vous en conter l'histoire.
Il y a bien longtemps, au temps où par toute la contrée les gens étaient si sauvages que même le nom d'Aristote leur était inconnu, tout le pays de Besse à Oisans était couvert d'une immense forêt, semée çà et là de clairières où essartaient quelques familles.
Dans une de ces clairières se trouvait une grotte, habitée par des nains. Ils s'y terraient l'hiver, avec tous les loups du voisinage, qu'ils nourrissaient de leur propre main ! L'été, quand les bergers de Besse menaient leurs troupeaux à l'alpage, ils lâchaient les loups, et s'amusaient des pleurs des malheureux bergers quand leurs troupeaux se faisaient décimer.

Or, il advint qu'un brave ermite, du nom de Yon, dit-on, vint à Besse prêcher la parole du Très-haut. Il expliqua aux habitants comment défricher un peu, avec l'aide des moutons, que l'on menait dans les broussailles pour qu'ils les mangent. Nombre de bergers devinrent cultivateurs de blé ou de maïs.
Yon fut très écouté, très honoré, comme il se doit, et bientôt tout le pays fut converti à l'aristotélicisme. Tout le pays ? Non ! Les nains de la grotte refusèrent d'entendre la voix de la Raison divine. Et pour se venger du saint homme qui privait leurs loups de leur pitance, ils résolurent de ne les point enfermer, cette année-là, en leur grotte maudite.
Puis revint l'hiver, avec sa froidure et ses neiges. Les nains se barricadèrent. Les loups, livrés à la faim, s'approchèrent des villages. Partout dans la forêt on n'entendait que hurlements. Nul n'osait plus aller chercher le bois pour le feu. Les gens avaient froids, les petits enfants mouraient dans les berceaux, les vieillards au coin des cheminées éteintes, et l'on commençait à tourner le dos à Yon.

Celui-ci, comme je l'ai dit, était saint homme. Il se tourna vers le Très-haut, médita 7 jours et 7 nuits, sans rien manger ni boire d'autre que les flocons. Au matin de la septième nuit, il revint vers les villageois et leur tint ces propos :

Il nous faut brûler les loups ! Eux et leurs maîtres les nains ne sont que des incarnations du Sans-nom. Brûlons les loups, brûlons les nains !

Ce jour-là, aux hurlements des loups se mêlèrent ceux des nains enfumés dans leur grotte, et ceux des villageois qui partout couraient, torches en main, pour bouter le feu à toutes les orées. La forêt y passa toute entière.

On dit que le saint ermite, qui avait laissé pousser sa barbe pour se tenir chaud, y laissa tomber un brandon : la barbe se consuma, et l'ermite avec.
Depuis ce jour, il n'y a plus ni nains ni loups dans le pays de Besse. Et de forêt non plus.

Conte du Chevalier
par Iram d'Embrun.

Citation :
Sous le règne du roi Levan ,il y avait à Embrun un chevalier très agréable de sa personne, la nature semblait avoir pris plaisir à assembler dans cette personne les plus rares qualités du corps et de l’esprit. Il avait le visage d’une beauté achevée, une physionomie si engageante qu’on ne pouvait le voir sans le remarquer. Il pensait et parlait de toutes choses, avec une justesse admirable et avec tant de retenue et de modestie.
Il était le seul héritier d’une grande richesses ,que son père avait amassées pendant toute sa vie avec beaucoup d’épargne. Cependant le chevalier avait des vues et des inclinations différentes de celles de sont père, il usait et abusait de sa fortune avec une grande aisance tantôt dans des maisons de Romponneau , tantôt dans des réceptions où il régalait tout ses hôtes avec des festins splendides et des mets les plus délicats, le tout arrosé avec des vins les plus exquis en abondance
Tous ces divertissements, renouvelés chaque jour ,firent sombrer le chevalier dans des dépenses si prodigieuses, qu’il ne put continuer une si grande profusion au-delà d’une année
Dès qu’il eut cessé de tenir table, ses amis disparurent ,il ne les rencontrait pas même en quelque endroits qu’il allât. En effet, ils le fuyaient dès qu’il l’apercevaient , et si pas un grand hazard il en joignait quelqu’un et qu’il voulût l’arrêter ,il s’excusait sur différents prétextes.
Après beaucoup de soirée et surtout des écus perdue dans les maisons de jeux ,le chevalier se trouva rejeté sans ménagement, comme un gueux, devant la porte d’un établissement, qui l’accueillait comme un grand seigneur quelques mois auparavant ………
Voulant retourner dans sa triste demeure ,sa main fut saisi par une vieille dame, en plein milieu d’une ruelle écartée, Elle avait tout les caractéristiques de la sorcières, sauf qu’elle ne portait pas le chapeau de la profession , elle avait un nez qui prenait son départ du front venant toucher le bas du menton ,ces yeux marquaient par la vieillesse donnait à sa tête un aspect d’une momie égyptienne, son visage était défait comme un vieux lit après une nuit de noce, de plus, son sourire accentuait ces rides …..
« Venez avec moi, et je ferais de vous un homme riche ,je n’exigerai rien de vous en retour, sauf quelque souvenir de votre vie ……. »n’ayant pas prêté attention à la condition le chevalier suivit la centenaire machinalement …..
il arrivèrent devant la porte d’un grand château couvert d’une nappe de feuillage qui le rendait presque invisible, devant cette porte majestueuse, une meute de populace criaient au plus profond de leur être « rendez nous nos souvenirs »
quelques-uns voulurent arrêter le chevalier mais la centenaire ne leur eut pas plus tôt parlé qu’ils le laissèrent passer, Alors elle se retourna vers le chevaliers avec un sourire malicieux au coins de la bouche

bienvenu dans ma demeure chanceux chevalier…….

Une légende de Noël
par Myao de Vienne.

Citation :
La nuit était glaciale. Des flocons gros comme des œufs de caille tombaient en silence. Il en était ainsi depuis le milieu de l’après-midi et la couche de neige avoisinait une coudée.
Dans le bourg Le Pont de Biauvoysin les bruits étaient feutrés par la présence de la neige.
Un homme marchait avec difficulté, bravant le froid, emmitouflé dans une vieille cape usée, la capuche blanchie. Il arriva sur le pont de bois permettant le passage du Guiers. S’arrêtant un instant pour regarder l’eau qui gelait prés des berges son souffle forma un nuage lorsqu’il tenta de réchauffer ses doigts.
Mais quelle idée saugrenue que de faire ce voyage. La solitude à l’approche de la Noël, le besoin d’en savoir plus, l’espoir d’être conforté dans ses idées, la curiosité de connaître au mieux ces gens.
Il marchait depuis le matin, sans nourriture, chaussé de simples bottes trouées. Ses orteils lui faisaient un mal de chien, c’est à peine s’il parvenait à les remuer. Encore quelques pas et il se reposerait, il distinguait un abri au travers du rideau blanc, le lavoir.
Une fois sur place il s’assit, remontant ses genoux sous le menton et posa sa tête sur ses bras serrés, transi et épuisé, puis ferma les yeux.

Combien de temps resta t il ainsi ?

« Eh… vous… ». Il ne bougea pas, trop froid.
« Eh, vous ne pouvez pas rester là, vous allez geler. » On le secouait doucement, il sentait vaguement une main sur son épaule glacée. On le secouait.
« Réveillez vous. » Cette fois le ton était haut, une voix de femme.
Il leva la tête et ouvrit les yeux. Une ombre encapuchonnée le prit par le bras pour le faire se lever.

« Suivez moi, je vais vous donner à manger, vous vous réchaufferez prés d’un bon feu. »
Docilement, il suivit la femme, moitié inconscient tant il avait froid. Il tremblait et marchait avec grand peine. Heureusement le trajet fut de courte durée. Sans s’en rendre compte il fut installé sans ménagement devant une cheminée. Puis la chaleur d’un bol de soupe brûlant atterrit dans ses mains.
« Buvez. » Il s’exécuta, les yeux fixés sur les flammes, comme hypnotisé. Le breuvage, épais et goûteux, le tira peu à peu de sa torpeur. Ses mains et ses pieds lui faisaient horriblement mal.
On chantonnait dans son dos. Il entendait des bruits de gamelles qu’on déplace. Se retournant il découvrit enfin son sauveur.
Une ravissante jeune femme, aux longs cheveux bruns, alertée par le grincement de sa chaise, lui souriait.

« Vous avez eu de la chance que je passe par là. On vous aurait sinon découvert gelé au petit matin. »
« Vous êtes mon ange gardien alors. Je vous remercie de votre sollicitude. Ainsi je vous dois la vie.» Il tenta de lui sourire en retour mais ses lèvres gercées n’esquissèrent qu’une grimace bien peu engageante.
« Le Très Haut nous demande de prendre soin des indigents, ce n’est rien. » Elle se dirigea vers un buffet et en sortit un pot de baume.
« Mettez ça sur vos lèvres, vos mains et vos pieds. Cela fera circuler le sang et évitera peut être que vous perdiez un doigt ou un orteil. »
Tout en massant ses pieds il engagea la conversation. Ainsi apprit il qu’elle vivait seule ayant perdu ses parents à l’automne. Elle gagnait sa vie honnêtement en faisant des travaux de couture. Il remarqua d’ailleurs qu’elle était fort bien vêtue malgré la simplicité de sa maison. Une élégance naturelle, un charme envoutant et un port de reine.

« Je ne m’étais donc pas trompé » dit-il, « malgré ce que l’on m’a dit, il y a encore de braves gens en ce monde, la compassion et la bonté existe bien et point n’est utile de posséder de grandes richesses pour partager ce que l’on a. Mais dites moi, quel est votre nom, damoiselle ?»
« Mes parents rêvaient de grandes choses pour moi et m’ont nommée Isabeau, c’est ainsi que se nommait la mère de notre Seigneur actuel, le Vicomte d’Ambrois, qui possède les terres dont dépend notre village.»
« Ce nom vous va à ravir. Sachez que vous serez remercié pour vos bienfaits damoiselle Isabeau. »


Il passa la nuit sur une paillasse prés du feu.. Au matin ils devisèrent encore longuement.
La neige tombait toujours et ainsi passèrent-ils encore trois jours ensemble.
Il l’aidait dans ses besognes, l’accompagna même à la messe du dimanche.
Isabeau était intriguée par ce gueux qui parlait si bien et s’intéressait beaucoup à la façon dont les villageois vivaient. Ses manières étaient loin d’être celles des vagabonds. Elle ne lui demanda rien, respectant son silence sur sa vie qu’elle imaginait douloureuse. Elle ne voulait pas rompre la magie qui s’installait peu à peu entre eux.

Le quatrième matin, le soleil brillait et il avait disparu. Un parchemin au centre de la table disait :
« Je reviendrais pour la Noël. » Elle ne savait même pas son nom…

Les jours passèrent et ce fut le 25ème jour du mois de Décembre.
Isabeau s’affairait à la confection d’un gâteau lorsqu’on frappa à la porte. En ouvrant, qu’elle ne fut pas sa surprise de découvrir le gueux, qu’elle reconnu à peine dans ses beaux habits.
Il n’était autre que le Vicomte lui-même, qui, afin de voir comment vivaient ses gens, s’était fait vagabond.

On raconte encore, à la veillée de Noël, qu’ils vécurent heureux ensemble de longues années, veillant au bien être de tous leurs villageois. Depuis ce jour, il y a toujours une assiette de plus à la table des villageois, au cas où un vagabond viendrait frapper à leur porte.

L'Arbre à Vœux
par Phelia Valbony.

Citation :
Il y avait des paysages blancs et lumineux, d'autres gris et obscures. Cette année était une année assez particulière, la neige faisait parti du décor dans le beau duché du Lyonnais-Dauphinois. Les flocons tombaient sans arrêt, laissant peu de traces de pas, point recouverts rapidement. Les oiseaux chantaient le matin, et cessaient très vite à cause du froid. Le silence régnait toute la journée sur la ville de Valence, malgré le grincement de la neige sous les pas.

Il y avait dans cette ville un petit domaine où vivait une famille assez aisée. Le mari, Sir Arthur et sa compagne Dame Catharina ne pouvait pas avoir d'enfants, vivant bien seuls, ils voulaient tous deux changer leur vie. Une bonne occasion se présentait à eux, Noël.

Le couple sortait comme tous les dimanche à la messe avant d'avoir pu se balader dans le village là où ils voyaient les petits visages d'anges, des enfants au petit bout de nez rouges et les joues gonflées. La Dame s'arrêta alors devant eux, leur offrant des petits caramels qu'elle avait fait le matin même pendant que le mari se baladait près des tavernes pour étancher sa soif.

Elle s'agenouilla dans la neige et prit le plus jeune des enfants dans ses bras.

« Tu sais que tu es un jeune homme très vaillant. Tu oses pointer ton beau visage dans ce froid. »

Elle lui déposa un petit bisou sur les joues avant de partir rejoindre son mari, le cœur lourd.

Le soir même Arthur regardait sa femme et lui montra un arbre dans leur beau domaine et lui susurra: « cet arbre est un arbre magique, va y prier devant, il saura t'écouter, comme il m'a écouté quand j'ai demandé si j'allais trouver une femme aussi magnifique que toi. »
Catharina l'écouta avant de sourire un peu plus, séchant ses larmes, le fait d'avoir des enfants la hantait. Elle en rêvait jour et nuit sans pouvoir porter un petit être en elle.

Elle prit une petite lanterne, mit un châle sur ses épaules et marcha à grand pas jusqu'à cet arbre montré par son tendre mari. Elle se mit à genoux dans la neige, joint ses mains et ferma ses yeux. Un petit soupir, un petit sourire, un petit souffle, elle commençait à libérer son cœur.
« Je vous en supplie, laissez-moi enfanter, laissez-moi porter la marque de la vie, la joie d'avoir un ventre rond. Laissez-moi cette chance de vous montrer que je serai bonne mère. »
Les larmes se déversaient de plus en plus le long de son visage pâle, ses mains tapaient au sol malgré qu'elles commençaient à geler rapidement, elle resta là figer pendant quelques heures.
La neige tombait en grande quantité, ne laissant qu'une petite tâche noire dans le jardin blanc du domaine avant que son mari aille la récupérer et la coucher sans rien dire.

Le jour de Noël, Catharina se leva tôt et alla dans la cuisine préparer le déjeuner avec sa dame de compagnie pendant qu'Arthur dormait encore. C'est alors à ce moment là qu'elle entendit un cri aiguë venant de dehors. La jeune noble ne chercha pas plus loin et couru dehors voir ce qu'il y avait. Là, se trouvait une dame âgée, malade tenant un nourrisson dans ses bras.

- « Madame Catharina, veuillez prendre cette enfant sous votre aile, il sera vôtre. Laissez-moi vous donner cet être que je ne pourrais pas élever, je suis malade. Choyez-le comme vous auriez voulu avec votre enfant. Son nom est Mathéo. »

Catharina prit l'enfant sans dire un mot, elle était assez bouleversée, avant de fixer ce bébé qu'elle avait dans ses bras. Cet arbre était-il aussi magique qu'il le prétendait. Elle versa quelques larmes avant de regarder la jeune femme devant elle.

- « Dame, soyez en sûre, cet enfant fera le bonheur de mon mari et moi-même, il sera mien dès à présent. »

Catharina tendit sa main vers la mère de l'enfant et l'invita chez elle. Son regard de braise se posait sans arrêt sur le visage du nourrisson qu'elle gardait au chaud dans ses bras.
Son coeur semblait revivre à présent et prit la liberté d'aller réveiller son mari. Ils parlèrent tous les trois pour trouver une entente à cette histoire assez surprenante. L'enfant fut accepté sans attendre par Arthur.


Le jour de Noël, leur vœu le plus cher fut réalisé pour le bonheur d'une maisonnette. La mère mourut quelques temps après avoir donné son enfant. Le couple ne laissa pas la jeune mère seule, il l'acceptèrent chez eux jusqu'à son décès où ils l'enterrèrent dans leur cimetière privé. Mathéo connaissait l'histoire de sa vaillante mère racontée par ses parents adoptifs.

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Kernos



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MessageSujet: Re: Recueil de contes, légendes et fables du Lyonnais-Dauphiné   Lun 14 Fév 2011 - 20:20

Citation :
Le Lyonnais-Dauphiné en Fables, oeuvres du concours pour le Ve anniversaire du Lyonnais-Dauphiné, septembre 1458

Introduction



Les résultats du concours furent les suivants:

Citation :
Quelle auteur désirez-vous voir gagner ?
Kernos
24%
24% [ 6 ]
Nynaeve
56%
56% [ 14 ]
Lora85
20%
20% [ 5 ]
Total des votes : 25

Le dragon et l'enfançon
Par Nynaève de Gaudemar, Vicomtesse de Clermont en Trièves, Baronne du Glaizil, Dame de Mornant & d'Anthon.



Pauvre Dauphin! Pauvre Lion! Pauvre de nous..
Par Kernos Rouvray, Baron de Mévouillon & Sire de Glandage.

Citation :
Alors que je me promenais par un après-midi d'été ensoleillé sur les berges du Rhône, profitant du vent chaud remontant des terres du Sud pour caresser les vignes, dont les fruits - tels des grelots écarlates - s'agitaient sous la brise douce, et chatouiller les pieds immuables des hautes montagnes aux sommets éternellement poudrés de neige blanche, je vis une chose étrange. Tandis que mes pieds nus s'enfonçaient doucement dans le sable chaud où venaient se reposer les vaguelettes taquinant la surface limpide du fleuve, mon regard fut attiré à quelques pas de l'eau, dans l'écrin d'argent de poussière, par une forme moribonde qui s'agitait pathétiquement en gémissant. Poussé par la curiosité, je m'approchais prudemment vers la créature dolente et je n'en cru pas mes yeux, lorsque je reconnu derrière cette apparence si pitoyable le Dauphin.

"- Ô Dauphin! Sage et majestueux Dauphin! Te voilà bien flétri et misérable! Que t'est-il donc arrivé pour en être réduit de la sorte?"

"- Regarde moi bien mon ami! La faim m'a fait perdre l'éclat de mes écailles et ma barbe est roussie, j'ai du échanger mon or contre un peu d'argent au Lion afin d'éviter de me dévorer moi-même... Mais on m'a oublié et abandonné, me laissant dépérir sur les berges du Rhône qui m'a vu naître et me verra ainsi mourir... Je n'intéresse plus personne à présent, je ne suis plus qu'un lointain souvenir qu'on aime évoquer aux enfants pour les endormir, un conte parmi tant d'autres, un vestige du passé qu'on aime à se remémorer ou à ressortir les jours fastes, mais dont on a oublié depuis longtemps le rôle et la valeur... passe ton chemin, bientôt toi aussi tu oublieras qui je suis."


Le coeur alourdit par la tristesse de cette rencontre, je décidais de prendre la route menant à l'antre du Lion, espérant qu'il n'avait pas subi les mêmes malheurs. Je marchais d'un pas pressé, quand soudainement, à quelques pas de son domaine, une odeur pestilentielle vint envahir mes narines et me soulever le coeur. Tant bien que mal, je réussis à relever mon visage pour jeter mon regard sur les terres du Lion, si verdoyante et prospère autrefois... Quel spectacle ignoble! Tout autour de moi, s'élevaient des charniers en lieu et place des collines du passé, à la place de l'herbe grasse, il n'y avait plus que caillasse et poussière... Autrefois cette région était belle et prospère, les gens allaient de ci et là, travaillant aux champs ou dans leurs échoppes pour en retirer bonne nourriture et juste salaire, mais aujourd'hui, tout n'était plus que désert, et au milieu de cette désolation, le Lion se tenait là sur son trône opulent.

"- Ô Lion! Fier et redoutable Lion! Est-ce bien toi? Je ne te reconnais plus, te voilà tout paré d'or et bien bouffi... Tes crocs et tes griffes qui autrefois faisaient trembler d'effroi tes ennemis, aujourd'hui sont bien fêlées et raccourcie!"

"- Suffit, petit homme! J'ai bien mérité l'or, moi qui ait tant accompli, je ne pouvais me contenter de l'argent, alors au Dauphin je l'ai pris! Et mes armes sont toujours exceptionnelles et redoutables puisqu'au temps jadis, elles ont fait couler à deux reprises l'écarlate dans le pelage de la blanche hermine!"

"- Est-ce pour cela donc que tu te vautres dans le sang vicié et la charogne? As tu besoin de cet or terni pour te rappeler ton lustre passé? Ta vaillance est devenue orgueil, tu es devenue plus proche de la hyène que du lion, te complaisant dans les restes pourrissant de ta gloire aujourd'hui morte et enterrée. L'or nouveau de ton pelage cache bien mal la vermine qui de ton corps s'est emparée. Arrogant! Capricieux! Tu en viens même à dépouiller et abandonner ton vieil ami et allié, le Dauphin qui t'a permis de grandir et de briller. Et regarde le! Tu le laisses se dessécher, se flétrir et se recroqueviller sur lui-même, au point bientôt qu'il en sera réduit à se dévorer lui-même dans un fol sursaut de vie et d'espoir."


Je laissais alors le Lion derrière moi, et ce qui restait du Dauphin aussi, en proie à de vives et tristes réflexions... Autrefois, Lion et Dauphin agissaient en pairs, apportant force et prospérité sur les terres qu'on leur avait légué. De la sagesse et du courage du Dauphin était né une terre, qu'il confia au Lion dont la force et la ténacité permirent au peuple trouvant refuge en ces lieux de prospérer dans l'abondance et la paix. A présent, tout n'était plus qu'ombre, la terre était aride, les hommes s'en furent de plus en plus nombreux... Je me dirigeais donc aux portes de ce pays que j'avais tant aimé, et après avoir longtemps réfléchi, une nouvelle bannière j'y ai déposé.


Le porteur d'eau et ses deux jarres
Retranscription d'un vieux conte par Lora d'Embrun.

Citation :
Un porteur d'eau de notre beau Duché du Lyonnais Dauphiné possédait deux grandes jarres,suspendues aux deux extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.

L'une des jarre avait un éclat,alors que la seconde conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître,l'autre jarre perdait presque toute la moitié de sa précieuse cargaison en chemin.Cette situation dura deux bonnes années,pendant lesquelles,chaque jour,le porteur d'eau ne réussissait qu'à livrer qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages.


Bien sure,la jarre parfaite,était fière d'elle,puisqu'elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.
Par contre la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait fort déprimée ,de ne pas accomplir ce dont elle était censée être capable.
Au terme de la seconde année,qu'elle considérait comme un échec permanent,la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau,au moment ou celui-ci la remplissait à la source.


"je me sens incapable et je te prie de m'escuser"

-pourquoi ? demanda le porteur d'eau."De quoi as-tu honte ?"

La jarre lui dit :"je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau à notre maître,pendant ces deux années,à cause de cet éclat qui fait fuir l'eau.Par ma faute,tu fais tous ces efforts,et à la fin tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau.Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts,lui dit la jarre abîmée."


Le porteur d'eau fut touché par cette confession,et, plein de compassion répondit:

"Pendant que nous retournons à la demeure du maître,je veux que tu regardes,au bord du chemin,toutes ces fleurs magnifiques .


Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin,au long de la colline,la vieille jarre vit de splendides fleurs,baignées par le soleil, aux couleurs plus chatoyantes les unes que les autres.En effet elles bordaient le chemin,et cela lui mit du baume au coeur.Mais à la fin du parcours,elle se sentait toujours aussi mal et triste de s'apercevoir à nouveau qu'elle avait perdu beaucoup de sa précieuse eau

Le porteur d'eau dit à la jarre:


"t'es tu rendu compte qu'il y avait de splendides fleurs que de ton côté,et presque aucune du côté de la jarre si parfaite ? C'est parce que,j'ai toujours su que tu perdais de l'eau,et j'en ai tiré parti.
J'ai planté des semences de fleurs de ton côté sur ce chemin,et chaque jour tout au long de ce parcours,pendant ces deux années,j'ai pu grâce à toi,cueillir de magnifiques fleurs,et j'ai pu de ce fait fleurir chaque jour,et décorer, la table du maître.Sans toi je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.


La morale de cette fable,c'est que nous avons tous des éclats,des blessures,des défauts.Nous sommes tous des jarres abîmées.Certains d'entre nous sont diminués par la vieillesse,d'autres brillent par leur intelligence ou pas,d'autres sont grands,gros ou trop maigres,certains son chauves,d'autres sont diminués physiquement,mais ce sont les éclats,les défauts qui rendent nos vies exaltantes.


Il faut savoir prendre chaque personne telles qu'elles sont et en trouver tout ce qu'il y a de bon en eux.chaque personne est différente,c'est cela qui peuple notre vie de chaque jour.Sans eux la vie serait bien triste
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MessageSujet: Re: Recueil de contes, légendes et fables du Lyonnais-Dauphiné   Lun 14 Fév 2011 - 20:21

Citation :
Et si vous étiez un flocon ?, oeuvres du concours de décembre 1458

Introduction.


Les résultats du concours furent les suivants:

Citation :
Binette : 4 voix (16% des votes)
Asarine : 2 voix (8% des votes)
Pénélope : 13 voix (54% des votes)
Helsinki : 3 voix (12% des votes)
Svetlna : 2 voix (8% des votes)


Texte premier dict "Premier flocon"
par Pénélope de Montbazon-Navailles, Baronne de la Garde Adhémar & Dame de Mirmande.

Citation :
Au commencement...

Depuis ce matin le vent ne sait plus où donner de la tête, même le Nord perd la boussole. Moi je ne suis qu'un flocon qui vient de naître, pas bien gros mais tout rond, je virevolte près de mon frère au milieu des autres. Y a un monde fou, faut jouer du coude pour ne pas se laisser bousculer.
Je fais des efforts incroyables pour me tenir prés du ciel, de là je peux voir la terre. Elle a le dos large et l’homme a le pied lourd. Il ne remarque même pas la douleur des arbres que la neige fait ployer à en faire pleurer les branches.

Vue d'en haut...

Les falaises manquent de hauteur, les fraises de saveur, et le ciel manque de bleu, forcément on est tous en tempête depuis la veille.
Les eaux du Rhône sont prises dans la glace et luttent pour poursuivre leur course et dans les ruelles il n' y a plus d'herbe qui s’égare dans les fentes des pavés.

C'est beau vu d'ici, les flèches des églises veulent percer les nuages, je tire mon frère par le bras pour les éviter, parait que lorsqu'on s'assied dessus on est coupé en deux instantanément.
Puis la descente se fait violente, ce fichu vent n'est pas notre allié, alors on se serre tous les deux l'un contre l'autre pour trouver une façade sur laquelle s'agripper. Je m’étends sur le dos pour mieux sentir la pierre puis on se tait, et comme dans un murmure, une messe basse recouvre toute la vallée. La vie partout semble en veilleuse dans son manteau d'hermine.
C'est l'hiver et le pays revêt sa longue robe sans couture.
Un vieil épouvantail se prend pour un bonhomme de neige et les vieux sapins aiguisent leurs aiguilles à la lueur de la lune qui pointe son croissant. Puis au loin, les fées, les araignées, les anges et les sorcières tricotent une longue écharpe pour se protéger de nous.

A présent sous la voûte céleste s'agite une bourrasque et la tempête monte comme une écume cotonneuse pour habiller la vie.
Vite vite cachons nous pour ne pas rouler en boule trop bas sous les bottes des hommes.

La vie en suspens...

Sans se lâcher on s'est enfin trouvé un coin entre les créneaux des hautes murailles d'un château, on va peut-être rester là jusqu'au printemps, blottis l'un à l'autre, au risque d'être transformés en stalactites seuls en cet instant de crispation du temps, alors que dans la vallée commence déjà la longue veillée de Noël.
Nous sommes les flocons de lumière, les petits flacons de bonheur des enfants, certains partent et veulent revenir.
D'autres restent et rêvent de partir. pour nous il n'y a pas d'issue, appuyés sur l'abîme dans l'échancrure de l'hiver puisque nous sommes l'Ephémère.

Texte second dict "Floconnet"
Par Binette de Valence.

Citation :
Il fait froid ... Ce froid m'entoure, me parcourt, m'envahis .. J'ai l'impression de faire parti de ce froid ? Mais ... Serais-je froid moi aussi ? Après tout, pourquoi je serais-je pas chaud ? Je n'ai jamais connu autres températures ...se demandait Floconnet.
Floconnet était parmi tous ces amis flocons, tout droit sorti d'un nuage grisonnant. Ce genre de nuages qui vous filent la chair de poulet !
Mes amis, nous tombons en chute libre, bercés par le vent, bercés par cette douce mélodie qu'est la nature ! Où allons-nous tomber ? Que va être la suite de notre parcours ?
Les flocons tombaient par milliers sur le Lyonnais - Daupnhiné. De là-haut, les flocons distinguaient des lumières ...
Nous tombons vers la terre, comme nos cousines gouttes l'ont fait !
Oh ! Regardez !! Des lumières !! Là bas aussi !! Et dans les montagnes aussi !! C'est illuminé ...
Ils tombaient, tous, Flonconnet au milieu d'eux tous. Il s'accrochait à ses amis, tous aussi curieux que lui. La vitesse augmentait, ils étaient de plus en plus bercés par le vent. Ils passaient à ce moment entre les sapins ...
Ouuuuuaaaaappppp, je l'ai passé celui làààà !!!!
Oooouuuucccchhhh, un peu plus, j'avais une épine qui me gardait prêt d'elle !!
Et les voilà partis vers une de ces lumières ... Tombant plus lentement dans les ruelles, Floconnet se posa sur le rebord d'une fenêtre ...
Et voilà les amis, nous voilà arrivés au bout de notre chemin. J'ai hâte de voir la suite de notre chemin ! Les cimes de sapin, les vents violents, les ruelles, mais nous sommes ensemble !
Plusieurs heures passaient ... Le jour se levait. Floconnet étaient au dessus des autres, il regardait le soleil se lever ...
Wooouuuaaawww !! Une grande lumièèèère !! Mais .. Mais ... Je me sens bizarre ... Les amis, aidez moi ! Je me sens ramolli !!
Un petit garçon sorti de chez lui, et attrapa toute la neige posée sur le rebord de sa fenêtre. Il dit de même pour toutes les autres, et mis toute la neige en tas, au fond au jardin ...
Wooouuuuu les amis !! Nous sommes tous là !! Disait Floconnet, coincé entre tous les autres flocons.
Nous ne bougeons plus, nous sommes tous ensemble, on ne pourra pas se perdre ! Le grand être lumineux est loin de nous !!
Mais le soleil faisait fondre le neige, petit à petit ...
Mais ... Mais ... Nos amis se transforment !! HEEEEEEEE !!! ILS SE TRANSFORMENT !!!!!!
Ses amis coulaient, ceux tout en haut, qui voyaient l'astre lumineux. Petit à petit, ils fondaient de plus en plus proche de Floconnet. Jusqu'au moment où ...
Oh ..... Mes amis, je vous laisse, je part avec les autres !! Je me transforme, je me sens léger comme l'air, au revoir mes amis !!
Floconnet grimpait doucement vers le ciel, retrouvant d'autre amis, rencontrant de nouveaux flocons. Ils montaient, ils montaient encore et encore ... Il voyait le Lyonnais - Dauphiné de jour, de plus en plus haut...
C'est magnifique ... J'aimerais y rester, y retomber, et ne plus jamais remonter ...

Texte troisième dict "Vol d'hiver".
par Helsinki, Sire d'Ecully.

Citation :
J'habitais jusqu'à ce jour dans un nuage , endormi comme un bébé dans le ventre de sa mère , je ne songeais pas à ce qui se passait dehors quand j'entendis un grand bruit et que je fus secoué.
PAAAAAAF
La membrane de mon nuage se déchirait et moi petit flocon je fus libéré, alors que j'étais serré contre d'autres gouttes , je me sentais perdu dans un immense univers . je voulus pleurer mais aucune larme ne coulait. J'étais comme pétrifié ou plutôt cristallisé.
BBBBBBBBrrrrrrrr il fait froid ne puis je m'empêcher de penser.
Et tout à coup je me mis à crier :
Je vole , je vole.
Ah qu'il faisait bon voler , le vent nous portait.
J'ouvris enfin les yeux et je pus m'apercevoir que mon nuage avait heurté une montagne, une gigantesque montagne qui se dressait devant lui. Autour de moi des milliers de flocons étaient libérés. Je vis un petit village entouré de lacs ainsi que des prairies recouvertes d 'un manteau blanc avec des montagnes tout aux alentours. j'attendis des paroles d'hommes qui me venaient par bribes :
Et un tonneau de génépi , et un tonneau de génépi.
Une petite rivière coulait en dessous, je me frottais les yeux comme pour me prouver l'existence de ce que je voyais quand je fus pris par des vents ascendants qui me firent monter juste à temps pour me faire éviter les flèches d'une cathédrale. Le paysage était encore un paysage de montagne. la rivière que j'avais vu plus haut s'écoulait encore prés d'un autre village.
Je me dis
Fichtre que des montagnards par là !
Je décidais de suivre la rivière et bientôt le paysage accueili des vignes, les habitants semblaient moins austères et le calme était là.
D'une taverne sortaient des voix
Alors cette année tu as fait combien de tonneau de clairette.
Mais un vent m'apporta un délicieux fumet, curieux , je voulus savoir d'où il venait ,
je suivis un vent chaud qui m'apporta quelques sueurs , j'avais beaucoup baissé d'altitude. mais que l'odeur était bonne. un mélange délicieux d'amandes et de sucres se propageaient dans les airs . je vis quelques uns de mes compagnons trop gourmands périr mais je décidais de continuer ce périple. Une odeur de poisson m'attira et ce que je vis des humains me fit sourire, ils s'envoyaient des poissons au visage , se menaçaient , ma vie de petit flocon naissant et voulant découvrir le monde était beaucoup plus enrichissante : je volais. j'arrivais un peu plus au nord, j'étais si on peut le dire ainsi sur les brouillards du Rhône, j'aperçus des hommes avec des uniformes, de beaux costumes, beaucoup de maisons serrées les unes contres les autres. C'était un beau village.
Pris dans un vent venant du sud, j'arrivais ainsi dans une ville, deux collines se dressaient, a un endroit , où semblaient se rejoindre les collines se dressaient un immense château. cette ville avait deux cours d'eau l'un impétueux l'autre plus féminin et ils s'enlaçaient comme si ils se retrouvaient après une longue course.
Admiratif, je ne fis pas attention et pssssssssssss je heurtais une flèche d'une grande cathédrale et tomba au sol.
Le sol était chaud, le sol était doux, je m'endormis et ne me réveillai plus....
une petite goutte d'eau étincela au soleil.

Personne ne sut jamais qu'un flocon avait admiré le Lyonnais -Dauphiné.

Texte quatrième dict "L'Ephémère"
par Svetlna de Valence.

Citation :
Le jour était tombé. Qu'il est bon de survoler la terre un instant, un court instant avant de s'y poser à jamais.
Notre mère bien aimée: Dame nature a eu la bonté de nous envoyer envahir tout de blanc le Duché du Lyonnais-Dauphiné, durant cette douce nuit.
La nuit avait calmé toute occupation pour laisser place à la tranquillité et la sérénité la plus absolue.
Alors que tout dort, nous nous attelions à l'ouvrage, un bel ouvrage, personne, pas même celle qui se dit n'aimait rien ni personne, ne pourrait succomber au charme qu'offre la belle neige en cette période hivernale.
Pour l'heure, il s'agissait de profiter de ce moment d'envol. Ce moment de bonheur unique et éphémère ,nous permettant d'admirer cette vue imprenable sur ce Duché, qui nous était jusque là inconnu.
O combien il était drôle de voir - que pour le peu de personnes dehors par cette heure tardive - les hommes ressemblaient depuis là-haut à des nains, aussi petits que nous autres flocons !
Les différents établissements qu'on pouvait apercevoir ,prenaient une forme géométriquement parfaites, tantôt des ronds, tantôt des carrés ou encore en forme rectangulaire. Et pourtant, il n'y a pas à nos yeux ,meilleur créateur que Dame nature, qui nous a donné une forme diversifiée , qui fait que nous sommes tous ressemblants, mais à la fois si différents les uns des autres, comparables aux êtres humains, en somme.


Dur dur d'être un flocon!
Une vie bien courte s'offrait à nous. A croire qu'il n'y avait pas assez de place sur cette terre immense.
Cette terre qui accueille grand nombre d'hommes, pourtant. Comme Dame Nature ne faisait pas bien les choses parfois!
Le paradoxe de la nature : les hommes vivaient longtemps , certes mais leur vie était-elle que beauté et plaisir? Ces dures journées de labeur en valaient-elles véritablement le coup?
Les flocons de neiges quant à eux, bien qu'éphémères, savouraient leur moment d'envol exceptionnel, que les hommes ne connaitront sans doute jamais. La vie valait-elle mieux en qualité ou en quantité?
Telle était la triste destiné d'un flocon en quête d'Ambroisie...


Plus que quelques minutes encore, et notre voyage est fini....nous nous entasserons les uns sur les autres sur le sol, pour ne former qu'une unique couche blanche plus ou moins fine, adieu la liberté !
Des passants sans pitié nous écraseront, des roues de charrettes, ...pour ne devenir que boue et poussière ….Horrible vie!!
Les plus chanceux parmi nous tomberont sur les toits de quelconque établissement , ou sur les montagnes élevées.
Mais hormis la maltraitance des Hommes à notre égard , il y a également notre ennemi juré - le plus craint de nous tous- à qui la Lune cédera la place ,et qui par ses puissants rayons, sortira de son lit, pour nous faire fondre fondre fondre fondre fondre....

Texte cinquième dict "Le Grand Saut"
par Asarine de Briançon.

Citation :
Enfin ! l'hiver ou presque, enfin la petite goutte d'eau va se transformer en quelque chose de plus beau, de plus froid, de plus complexe...Silence cotonneux, douceur glaciale, étendant ses branches de plus en plus ainsi se transforme une goutte de pluie en flocon de neige… En bas loin très loin se dessine quelques montagnes, à peine peut-il les apercevoir, lui et ses congénères sont agglutinés dans leur nuage, poussé délicatement par le vent…

Le vent, le nuage, les flocons, tous se serrent les uns contre les autres, est-ce une impression ou sont-ils plus nombreux ? Cela fait des heures qu’ils sont tous là, pressés l’un contre l’autre, ils ont du en parcourir des lieues, sans vraiment s’en rendre compte… peut être ont-ils parcourus le monde entier qui sait ! Pour l’heure il manque vraiment de place… de plus en plus ses frères se pressent, lui poursuit son long chemin vers le bord de son monde actuel…Bientôt il quittera son nuage, il le sait, il n’a pas peur…Enfin le dessin du panorama qui vit sous lui se fait plus précis, il s’approche du vide, il s’approche de la vie…

Prenant son élan, il saute dans le vide, porté par le vent, il ne sait pas où il va, il ne le saura qu’en se posant délicatement comme tout bon flocon de neige. Une rafale de vent l’éloigne des autres, déjà loin de son nuage il peut a loisir observer les montagnes, les plaines, les clochers qui montent si haut par rapport aux autres bâtiments… Ce coin de terre est beau, emplis de contradictions, là des pentes abruptes et vertigineuses, plus loin des plaines aux courbes douces… Il ne choisira pas où il se posera, le vent le fera pour lui…

Plus il s’approche du sol, plus il en surprend les détails, tournoyant lentement sur lui-même, il peut voir là un groupe d’enfants qui malgré le froid s’amuse avec ses frères, certains volent, certains s’agglutinent pour former des bonhommes, d’autres posés sur les arbres, observent en silence cette nature endormie… Seuls les hommes ne semblent pas dormir, allant et venant, sans faire attention à ce qui les entoure.

En silence il termine sa course lente, déjà beaucoup de ses camarades se sont posés, il va enfin les retrouver, peut être aura-t-il la chance d’amuser quelqu’un ou peut être finira-t-il sa course sur la joue d’une de ces créatures pleines de chaleur que l’on appelle les hommes… Le voilà au dessus de sa nouvelle maison, il tombe virevoltant au gré du vent, le silence l’entoure.

Il n’a jamais connu que ça le silence, soudain des éclats de voix, des rires, des voix d’enfants, Oh joie se dit-il ! Pour une fois je ne serais pas seul ! On va vouloir jouer avec moi enfin ! Cela fait si longtemps que je l’attends ce moment ! Et notre flocon de se poser délicatement non loin du groupe d’enfants riant aux éclats de glisser, de tomber, de jouer…

A peine posé le voilà embarqué par une petite main rose de froid, pressé, agglutiné contre ses frères, le voilà infime partie d’une boule, il vole de nouveau ! Et finit par s’écraser sur le dos d’un autre petit humain dans un grand éclat de rire silencieux… Sa nouvelle vie commence, elle ne durera que le temps de l’hiver, ensuite il redeviendra eau avant de commencer un nouveau voyage…
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