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 Histoire de l'archerie

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Argael

Argael


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Localisation IG : Lyon/ Briançon
Date d'inscription : 30/10/2006

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MessageSujet: Histoire de l'archerie   Histoire de l'archerie Icon_minitimeLun 18 Juin 2007 - 19:50

Histoire de l’arc

L’invention de l’arc remonte loin dans le temps. Les fouilles archéologiques ont montré que des arcs en bois existaient déjà au quarantième millénaire avant notre ère. Les gestes du tireur à travers les époques et les pays ont peu varié. L’arc a d’abord été inventé pour la chasse.
Mais l’usage de l’arc est rapidement devenu militaire. L’arc est une arme redoutable qui peut transpercer toutes les cuirasses sous la puissance et la précision du tir.
On retrouve l’Arc à travers les siècles, partout dans le monde, comme une arme incontournable de l’Infanterie. Ainsi à Rome, l’armée comptait de nombreuses Compagnies d’archers et l’une de ces " centuries " était commandée par un officier Narbonnais SEBASTIEN. Cela se passait dans les années 280 sous l’empereur Dioclétien.
Converti au christianisme, Sébastien fut sommé d’abjurer sa foi. Il refusa et fut condamné à mourir percé de flèches par ses propres soldats archers. Ceux-ci le criblèrent de flèches en prenant soin de viser des endroits non vitaux de leur commandant.. Laissé pour mort, il fut recueilli par Irène la veuve d’un autre martyr nommé Saint-Catulle. Guéri de ses blessures, il alla se poster sur le chemin habituel de l’empereur afin de lui reprocher sa conception de la tolérance religieuse. Dioclétien se fâcha et pour le faire taire le fit tuer.
Ceci se passait le 20 janvier 290 (C'est pourquoi, le 20 janvier a été choisi comme jour anniversaire de la Saint Sébastien). Une matrone romaine chrétienne retrouva le corps et le fit enterrer dans les catacombes sur la Via Appia
600 ans plus tard, l’Evêque de Soisson fit le vœu de faire venir les reliques de Saint Sébastien dans son diocèse. Pour faire, il arma Chevaliers les archers de la Compagnie de Soisson et les chargea de cette délicate mission.
Ainsi naquit la CHEVALERIE DE L’ARC.

Au Moyen-âge, la noblesse était une chose, la Chevalerie en était une autre et il ne suffisait pas d’être noble pour être Chevalier. Il fallait en plus avoir des qualités rares pour l’époque de générosité, d’amour du prochain et d’honneur. Soucieuse de développer dans ses rangs ces sentiments vertueux, la Noblesse Guerrière instaurât la Chevalerie Militaire dans une bonne partie de l’Europe.
Les guerres de l’époque étant meurtrières, les soldats de métier ne suffisaient pas à fournir assez de troupes pour les combats ou pour la garde des villes. Les aventuriers et les " chômeurs " d’alors s’enrôlèrent ou furent enrôlés volontaires dans les troupes d’infanterie. Ces hommes libres, juraient de se prêter assistance en toutes circonstances.
Les compagnies étaient issues d’organismes semi-militaires, semi-civils, doublés généralement d’une confrérie religieuse au Moyen Âge, et dans lesquels les milices s’entraînaient. L’insécurité des campagnes poussait les serfs, les artisans et les bourgeois d’une même localité à se grouper dans un but de défense, à s’armer et à s’entraîner le dimanche.
Le roi, seul suzerain des villes alors émancipées de la tutelle seigneuriale locale, s’assurait ainsi un surcroît d’hommes armés que ne pouvaient lui proposer les seigneurs; le roi ne dépendait plus de la volonté de ses vassaux.
C’est en fait à partir du XIIème siècle, lors de l’affranchissement des communes par Louis VI le Gros, que ces compagnies s’organisèrent en confréries militaires qui prirent le nom de guildes en pays germanique et flamand.
Suivant les contrées, ces Guildes devinrent des " Serments ", des " Connétables " ou des " Confréries ". Les privilèges accordés à ces troupes d’élite étaient nombreux. Les archers avaient le pas sur les autres corporations, ils étaient exempts de presque toutes les charges qui pesaient sur les habitants.
En 1260, saint Louis publia une ordonnance par laquelle chacun était " requis de prendre exercice du noble jeu de l’arc plutôt que de fréquenter d’autres jeux dissolus " et il s’inscrivit lui-même comme membre d’une confrérie. Le tir à l’arc devint ainsi une pratique répandue dans les campagnes autour des bourgs.
Charles V institua certaines règles d’intronisation au rang de Chevalier auxquelles les Compagnies d’Arc devaient se soumettre. Serment solennel de fidélité aux vertus de la Chevalerie, obligation de défendre leur ville contre les ennemis, participation au maintien de l’ordre dans la cité. Ces règles n’ont jamais été modifiées dans leur fond, bien qu’elles aient subi quelque modernisation.
Plus tard en 1448, Charles VII créa les Francs-Archers, exempts d’impôts. Ces compagnies furent dotées de franchises et de privilèges par tous les rois de France.
L’histoire suis son cour advienne que pourra mais l’arrivé de l’arbalète et des armes a feux risque de supplanter le noble art de l’archerie….

Différents types d’arcs.
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Les Fléches Médiévales
La flèche médiévale comme aujourd’hui est le prolongement de l’arc, elle est fonction de l’arc qui la propulsera et de l’utilisation que l’archer veut lui donner. Les trois grandes familles de flèches sont la guerre, la chasse, et l’entraînement ou le loisir.

Pour la guerre, la flèche doit être de fabrication rapide, à « usage unique », lourde pour augmenter son inertie et sa puissance, elle est conçue en général pour tirer de très grandes volées pendant un temps bref en ajustant non un ennemi précis, mais une distance précise : la stratégie qui nous coûta toute notre chevalerie française pendant la guerre de cent ans était d’aligner plus de 8 000 archers qui tiraient sur nos troupes 12 à 15 flèches par minute lorsque nos piétons ou cavaliers arrivaient à environ 200m de leurs lignes, ce qui fait entre 90 000 et 120 000 flèches à la minute ! Il est aisé d’imaginer la quantité nécessaire à une armée en campagne… un chroniqueur de la bataille d’Azincourt décrivait le « rideau de flèches qui se fermait sur le ciel »… si on compte environ 100 g par flèche ce qui était un minimum pour les flèches de guerre, cela donnait donc environ 10 tonnes qui vous écrasait par minute ! ! ! aucun assaut ne peut supporter une pluie pareille. Chaque archer est approvisionné par « gerbe », c’est à dire 24 flèches qu’il plante ou couche au sol devant lui. En 1480 à Londres, 12 gerbes, donc 288 flèches coûtent 38 shillings et 8 pences.
La chasse demande une flèche précise, sa fabrication sera beaucoup plus soignée par souci d’efficacité. Comme aujourd’hui elle variera en fonction du gibier et du style de chasse, le livre du Roy Modus conseille pour « traire à aguet » ("traire" signifie chasser à l’arc, à "aguet" à l’affût) il faut un arc doux et souple , avec des flèches légères et souples, l’animal étant à courte distance et le chasseur ayant souvent besoin de maintenir l’arc bandé ; mais pour « traire à vue ou traire à cul levé », il faut un arc puissant et des flèches plus raides.
Pour l’entraînement qui deviendra un loisir à partir du XVème siècle, l’archer utilisera des flèches les plus semblables possible pour assurer une régularité de tir.

L’Encoche

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Suivant le besoin, l’encoche sera simplement taillée dans le bois, avec un renfort cuir en appui pour la corde, cette fabrication plus rapide est utilisée pour la flèche de guerre ; les flèches plus sophistiquées utilisent un insert en corne pour renforcer l’encoche et bien résister à la poussée de la corde. Roger Ascham dans Toxophilus donne quelques précisions : une encoche grande et profonde convient bien pour la guerre car elle est meilleure au toucher pour encocher très vite pendant chaque volée, une petite encoche peu profonde est meilleure sur le champ de tir car elle procure un meilleur lâcher, seule l’encoche large ne vaut rien car elle ne tient pas sur la corde. Il arrive aussi que l’encoche soit fixée à la corde, et que la flèche s’emboîte simplement, ceci pour un intérêt stratégique, une flèche sans encoche ne peut être renvoyée par l’ennemi ; on a retrouvé des flèches comportant un petit insert métallique au fond d’une fausse encoche pour que l’ennemi qui encoche cette flèche sectionne la corde de son arc au lâcher.

Le Fut

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Le fût idéal doit avoir une bonne rigidité pour encaisser la puissance de l’arc (sachant que celle ci se situe au moyen âge entre 80 et 180 livres !), et souplesse pour résoudre le paradoxe de l’archer en sortie d’arc et pour éviter de casser à l’arrivée en cible. Roger Ascham classe les bois par catégorie de poids : le bois de brésil, de Turquie, le fustet, le châtaigner, font des flèches lourdes et massives ; l’aulne, le hêtre, le cormier, le sureau, le tremble, le saule font des flèches vives et légères, mais le charme, le frêne, certains chênes, sont les meilleurs bois pour allier résistance, légèreté et souplesse. Pour lui, le meilleur reste le frêne en particulier pour la guerre. Il arrive que la flèche soit faite de deux bois, à l’arrière un bois lourd pour compenser le poids de la pointe et l’avant en bois plus léger, l’assemblage étant fait en « queue de billard ». La forme du fût est souvent en « fuseau », épaissie sur l’avant et affinée derrière.

LES POINTES

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On peut classer ces pointes en différentes familles :
Les poinçons
Appelés bodkins par les anglais, destinés exclusivement à la guerre, où leur fonction est de percer les côtes de mailles et les armures. Ces dernières résistant assez bien à la pénétration des pointes, étaient cependant transpercées à courte distance par des pointes lourdes à l'inertie importante. Ces différentes pointes n'étaient pas fixées sur le fût, mais simplement emmanchées en force. De la sorte, en retirant la flèche du corps, la pointe restait dans la blessure, augmentant la difficulté d'extraction et les risques de mortalité. Il en était de même pour celles se fichant dans des obstacles ou protections (boucliers, palissades, etc.), le projectile ainsi « désarmé » ne pouvait être retourné à l'envoyeur.


Les lames

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Elles sont destinées autant à la chasse qu'à la guerre où elles sont utilisées contre la piétaille mal protégée. Leur tranchant parfaitement affûté permet (comme nos lames modernes) de provoquer des hémorragies importantes.



Les pointes barbelées

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Elles ont été utilisées dans presque toutes les guerres du Moyen Age contre les piétons mal équipés, mais aussi pour la chasse au gros gibier. Grâce à leurs longs bords tranchants, elles occasionnaient de très larges blessures, leur masse permettant un pénétration profonde. Les barbes étant là pour rendre l'extraction de la flèche difficile et réservée à des spécialistes équipés d'instruments chirurgicaux très spécifiques comme nous l'indique Ambroise Paré dans un traité du XVI ème siècle (l'utilisation de l'arc est pourtant en pleine décadence, remplacé par les armes à feu) « Si le fer estoit barbelé, ainsi que souvent est la flèche angloise, et estoit à l'endroit d'un os, ou inséré dedans,... lors ne le convient pousser, mais plutôt-dilater la plaie en évitant les nerfs et les grands vaisseaux, ainsi que le fait un bon et expert chirurgien anatomique, aussi faut-il appliquer un dilatoire, cavé en sa partie intérieure, en sorte que l'on puisse prendre les deux ailes du fer, puis avec le bec de grüe, le tenir ferme, et tirer les trois ensemble ».
Les douilles de ces pointes étaient percées pour leur permettre d'être clouées sur le fût afin d'éviter de les perdre, leur difficulté de réalisation les rendaient coûteuses.




Les pointes à usage trés spécifique
La pointe incendiaire, les quatre branches servant à maintenir l'étoupe imprégnée de poix ou autre combustible, le carrelet en bout permet à la flèche de se ficher dans les constructions à détruire par le feu. Les branches, en s'écrasant au moment de l'impact, permettent au produit incendiaire de se retrouver en contact avec le bois ou la matière à enflammer. Cette pointe peut aussi servir à la « guerre bactériologique », en propulsant pendant un siège des petits morceaux de viande contaminés que les chiens par exemple vont manger et transmettre à la population. C'est le type même de pointe délicate à réaliser du fait de la double fente dans le métal et de sa soudure en bout pour former la pointe (à gauche ci-dessous).

La pointe coupe jarret, sa lame en forme de hache en fait une pointe à trancher sans pénétration, elle était destinée à blesser douloureusement les chevaux, semant ainsi le désordre dans les rangs de la cavalerie (au centre ci-dessous).

La coupe amarre,( ?) apparemment courante au Moyen-âge, elle est censée avoir servie à couper les cordages des navires. Hypothèse discutable du fait de la grosseur des cordes de chanvre utilisées sur un navire, et de la difficulté à maîtriser un vol à l'horizontale d'une telle lame, condition indispensable pour la coupe... Ou peut-être fut-elle utilisée pour créer des déchirures importantes dans les voilures ? On aurait dû en retrouver sur l'épave du Mary Rose, navire destiné au combat naval, ce n'est pas le cas. Il est possible que cette pointe étrange ait eu la même utilisation que la coupe jarret (à droite ci-dessous).


Pointes non représentées :
A partir du XVème siècle, l'usage de la douille a tendance à laisser la place à un montage sur soie. Nous retrouvons ainsi la plupart des flèches précédemment décrites sur ce montage, à l'exception des poinçons. Deux types de soies étaient employées : la soie large et plate de la largeur du fat, celle-ci se logeant dans une fente, ou fine et longue, en forme de clou venant se loger dans un trou pratiqué au bout de la flèche. Dans les deux cas, une ligature sérieusement réalisée avec du fil de lin ou de chanvre collé doit être réalisée pour éviter l'éclatement du bout au moment de l'impact.


Dernière édition par le Jeu 21 Juin 2007 - 9:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire de l'archerie   Histoire de l'archerie Icon_minitimeJeu 21 Juin 2007 - 9:35

Je me permet une petite intrusion Argael, juste pour te dire beau travail !
Si ma remarque arrive en plein milieu de tes explications ne t'inquiètes pas je l'enleverai ...
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pao

pao


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MessageSujet: Re: Histoire de l'archerie   Histoire de l'archerie Icon_minitimeSam 23 Juin 2007 - 13:17

Voilà, j'ai tout lu... Bon boulot, je le relirais car juste de trois peu être à revoir! :)Mais sinon Bravo Wink
Nous ferons un entrainement obligatoire, quand tu arras le temps, et je te laisserais poser deux trois questions aux soldats sur cette Histoire pour voir si tout le monde la bien lu! Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Histoire de l'archerie   Histoire de l'archerie Icon_minitime

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